Après l’émotion de mon premier brocard à l’arc, prélevé le week-end dernier à Blaregnies, me voilà de retour à Baconval ce dimanche 18 octobre 2026 pour une nouvelle journée de battue qui s’annonce comme toujours des plus conviviales.
Cette fois, pas de prélèvement personnel au programme, mais une journée particulièrement animée, de nombreuses rencontres, quelques occasions manquées et surtout une magnifique réussite pour mon ami Seb.
Une omelette, des amis et quatre battues au programme
Le rendez-vous était fixé à 8 heures, en compagnie de mes habituels compagnons de chasse : Julien, Logan, Seb, …
Comme le veut notre tradition, impossible de commencer une journée à Baconval sans notre traditionnelle omelette ! Cette fois, Logan s’était chargé de l’organisation, tandis que Seb et moi-même avions pris les commandes de la cuisson.
Après ce moment de partage et de convivialité, place au rond et aux consignes du jour. Nicolas, le président de la chasse, autorise le prélèvement d’une chevrette le matin et une chevrette l’après-midi. Pour les brocards, chevrillards et sangliers : pas de restriction, si ce n’est les habituelles règles d’éthique.
Quatre battues sont au programme du jour : il ne faudra pas chômer. Pour cette journée, mon choix s’était porté sur mon Bowtech Ascend et j’avais pour plan de chasser en hauteur avec la Lean Ascent. Seb, fidèle à ses habitudes, chasserait avec son arc traditionnel depuis le sol, au contact du gibier.
Battue K : une première mise en jambes
Nous commençons par la battue K, une petite enceinte comportant pas mal de remises. Dès les premiers mètres du chemin, nous constatons des indices de présence de sangliers durant la nuit. Cela s’annonce pas mal.

Seb et moi devons nous installer à l’intérieur de la traque, tandis que Julien et Logan prennent place sur la ligne des carabines. À peine ces derniers sont-ils postés qu’une chevrette et un chevrillard se présentent à Logan. Deux coups de Brenneke partent, sans résultat. Julien reprend quant à lui parfaitement le chevrillard d’une superbe balle.
Dès ces premiers coups de feu, nous gagnons nos postes dans l’enceinte. Je trouve rapidement quelques coulées fréquentées entre deux remises, un arbre adapté à proximité. Ni une ni deux, je grimpe avec la Lean Ascent. L’attente peut commencer.
La traque sera particulièrement calme de mon côté : pas le moindre animal en vue. Seb apercevra bien un chevreuil, mais sans possibilité de décocher.
Un gros verrat sortira également à notre ami Dany qui tirera une balle. Les indices ne trompent pas, du sang est retrouvé. Il faudra faire une recherche.
La battue se terminera tranquillement non sans ruminer : mais où sont passés les sangliers responsables de tous ces fouillis de la nuit passée…
Battue I : des chevreuils partout !
La battue I est constituée d’un plateau avec de belles remises et de jeunes coupes. C’est un secteur où les rencontres avec les chevreuils sont généralement nombreuses.
Je décide de m’installer derrière une remise, à environ 150 – 200 mètres de la lisière, au croisement de plusieurs coulées. Une fois installé dans mon saddle, je comprends rapidement que le secteur est particulièrement fréquenté. Les chevreuils se succèdent mais viennent d’être lancés par les chiens et sont donc à la course. Pas de tir dans cette configuration ! J’aperçois notamment deux brocards et une chevrette. J’analyse les passages des animaux et identifie une coulée majoritairement empruntée. La prochaine fois que nous ferons cette battue, j’y serai…

Et puis, il y a ce brocard qui déboule littéralement à Mach 2 sous mon arbre ! Je tente de le siffler pour l’arrêter, mais rien à faire. Il poursuit sa course sans me laisser la moindre occasion. Je désarme mon arc.
Pendant ce temps, Seb annonce avoir décoché une flèche sur un brocard à la course. Les indices retrouvés sur sa flèche sont très faibles. L’animal sera d’ailleurs revu par un posté, sans blessure apparente importante, hormis peut-être une légère coupure.
Sur la ligne, les carabines se font régulièrement entendre.
Logan, de son côté, nous offre un nouvel épisode mémorable : trois Brenneke tirées sur un chevreuil qui traverse une plaine… et toujours aucun résultat ! A sa décharge, avec son attelle à la main, ce n’est pas évident…
Néanmoins, nous aurons quelques occasions de le chambrer pendant le reste de la journée !
Une pause bien méritée au chalet
Après ces deux premières battues, retour au chalet pour le traditionnel repas de midi. Au menu : pain, lard et soupe, accompagnés d’un petit verre de bulles partagé entre amis. Ces moments font aussi partie intégrante de la chasse.
On refait les battues, on raconte les rencontres, on plaisante sur les occasions manquées et, bien entendu, notre cher Logan et ses deux loupés sont au centre de la discussion.

Mais pas question de s’attarder trop longtemps : il nous reste encore deux traques à effectuer.
Battue A : courte, mais toujours surprenante
Nous reprenons avec la battue A, une toute petite enceinte située à proximité immédiate du chalet. Elle n’est généralement chassée qu’une fois par an, mais réserve régulièrement son lot de surprises.
Malgré la petite taille de l’enceinte et le temps limité pour se préparer, je parviens rapidement à prendre place dans mon arbre.
Un chevrillard est débusqué par les traqueurs et me passe hors de portée et se déplace beaucoup trop rapidement. Je le laisse donc poursuivre sa course sans décocher.
Seb, quant à lui, est installé plus en avant, près d’une belle remise. Il aura deux occasions et décochera deux flèches, sans succès. La seconde concerne un très vieux brocard, au trophée particulièrement atypique, qui sera finalement prélevé par un chasseur posté.
Trois flèches décochées depuis le matin et toujours aucun prélèvement pour Seb. On plaisante sur le fait qu’il a l’air maudit ici à Baconval…
Mais la journée est loin d’être terminée !
Battues C et D : les sangliers entrent en scène !
Pour cette dernière traque, les enceintes C et D sont regroupées. Cette fois, je décide de rester au sol vu la physionomie du terrain et l’absence d’arbres convenables pour grimper.
Je trouve une excellente position en contrebas d’une remise, au-dessus d’une petite goulette. L’endroit offre plusieurs possibilités de tir tout en me permettant de rester relativement dissimulé. Mais un choix cornélien reste à effectuer. Deux coulées empruntées régulièrement sont situées à 60 mètres l’une de l’autre. Je décide de couvrir la seconde…
À peine la battue commence-t-elle que les premiers sangliers sont annoncés. Très rapidement, j’en aperçois trois qui arrivent au loin.
Malheureusement, ils empruntent l’autre coulée située à soixante mètres de ma position. Beaucoup trop loin pour envisager une flèche, je les annonce immédiatement à la ligne des carabines.
Mais les choses ne font que commencer…
Quelques minutes plus tard, un nouveau sanglier apparaît. Entre-temps, j’ai changé de position pour me rapprocher de la coulée empruntée par les trois premiers animaux. Cette fois, tout semble parfait.
Le sanglier s’arrête au-dessus du talus. J’arme mon Bowtech Ascend, place mon pin au défaut de l’épaule et m’apprête à décocher. Soudain, dans ma vision périphérique, un mouvement attire mon attention. De minuscules marcassins apparaissent derrière l’animal !
C’est une grosse laie accompagnée de ses jeunes. Je désarme immédiatement et prends la radio : « Attention, une laie avec des marcassins arrive vers la ligne ! Ne tirez pas ! »
Une rencontre intense, mais surtout une décision qui ne souffrait d’aucune hésitation.
Un sanglier dans la boue… et une flèche dans un arbre !
Quelques minutes passent avant qu’un nouveau sanglier ne fasse son apparition. Il arrive seul, à une vingtaine de mètres de moi, puis se couche littéralement dans la boue. Une situation pour le moins inattendue ! Je me prépare à armer lorsqu’il se remet en mouvement. Mais voilà qu’une petite bête rousse d’une dizaine de kilos apparaît à son tour et vient se coller contre l’animal.
Cette fois, mon attention se porte sur la petite bête rousse. J’arme mon arc, mais l’animal me repère et démarre à toute vitesse.
Je décoche alors une flèche à environ 20 mètres. À mes yeux, la hauteur est bonne, l’avance également. Sauf qu’un détail m’avait échappé : un arbre avait décidé de se mettre sur la trajectoire !

J’entends un « ploc » bien net et aperçois une roulade du sanglier qui me fait croire, pendant une fraction de seconde, que l’animal est touché. L’adrénaline monte immédiatement. J’annonce à la radio que j’ai peut-être blessé un sanglier.

Mais en vérifiant les lieux et en analysant la zone, je découvre rapidement la vérité : ma flèche est profondément plantée dans un arbre ! Aucun sanglier touché, simplement un magnifique tir… dans du bois. Je reprends donc la radio pour rectifier mon annonce.
La délivrance pour Seb
La battue se poursuit avec encore plusieurs mouvements de gibier, notamment un gros verrat que nous ne reverrons malheureusement pas. Puis la traque arrive progressivement dans notre dos.
Avec Seb, nous décidons de l’accompagner sur une courte distance. Soudain, une chevrette et un chevrillard démarrent en retour.
Le chevrillard passe devant Seb, parfaitement de travers, à environ 23 mètres. L’animal est en mouvement, mais Seb décide de tenter sa chance. Avec son arc traditionnel, ses nombreuses heures d’entraînement et son habitude du tir instinctif, il décoche : la flèche est parfaite. Plein cœur !

Le chevrillard poursuit sa course sur une trentaine de mètres avant de disparaître. Je rejoins immédiatement Seb pour le féliciter.
Après avoir laissé une vingtaine de minutes à l’animal, nous partons vérifier les lieux. Nous retrouvons le chevrillard au pied d’un arbre. Une flèche magnifique, un prélèvement propre et une très belle récompense pour Seb après une journée riche en occasions.
Quel plaisir de pouvoir partager ce moment avec lui !
Bien plus qu’une journée de chasse
La journée touche progressivement à sa fin.
Comme le veut la tradition, nous retrouvons les autres chasseurs au chalet pour les félicitations, les honneurs, les anecdotes et les festivités d’usage.
Et comme souvent avec notre petite bande, nous faisons partie des derniers à quitter les lieux !
Je rentre sans prélèvement personnel, mais avec une multitude de souvenirs.
Des chevreuils aperçus depuis mon saddle, des sangliers à quelques mètres, deux laies accompagnées de leurs jeunes, une flèche arrêtée par un arbre et surtout une magnifique réussite pour mon ami Seb.
Cette journée me rappelle une nouvelle fois que la chasse ne se résume pas au fait de prélever un animal.
Elle se vit aussi dans l’attente, les décisions prises en quelques secondes, les occasions que l’on choisit de laisser passer et le bonheur de partager la réussite d’un ami.
Et à Baconval, ce dimanche 18 octobre, nous avons été particulièrement bien servis !