Quand les planètes s’alignent…

Il y a des week-ends où les planètes semblent s’aligner. Ce week-end en faisait partie. Deux journées de chasse, deux ambiances et surtout de magnifiques moments partagés entre amis. Ce week-end prolongé d’octobre allait encore me réserver quelques belles surprises.

Samedi 24 octobre : une belle journée entre amis à la maison

Le week-end avait commencé quelques jours plus tôt avec Kevin et Logan, par les préparatifs de notre journée de chasse sur notre petit territoire dans le Hainaut.

Après une semaine bien chargée à tout organiser, nous retrouvions samedi matin quelques amis que nous avions invités pour partager une journée de battue. Pour ma part, c’est avec mon arc traditionnel que j’allais participer aux traques, aux côtés de Kevin et de son fils.

Deux battues, de belles rencontres avec le gibier et surtout une magnifique journée entre copains. Nous avons une chance incroyable de pouvoir profiter de notre petit territoire. Nous y chassons peu, mais chaque journée nous rappelle à quel point ces moments sont précieux.

Une belle journée de chasse, tout simplement… Mais le week-end ne faisait que commencer.

Lundi 26 octobre : retour chez Stéphane à Dour

Ce lundi, direction Dour, chez mon ami Stéphane, sur son nouveau territoire de chasse. Je connaissais déjà une partie du territoire puisque c’est là qu’un petit sanglier, passant littéralement à mes pieds, avait accroché ma flèche et l’avait désencochée sans même me laisser l’occasion de tirer au début du mois d’octobre !

Cette fois, j’espérais bien avoir une nouvelle occasion…

Le rendez-vous était fixé à 8h30 à la taverne Marie Boulette. Pour l’occasion, Logan et Simon m’avaient rejoint à la maison afin de faire la route ensemble. Trois chasseurs, tout le matériel et une seule voiture : une petite expédition à elle seule !

Deux chasseurs souriants lors d'une journée de battue entre amis en Wallonie.

Après un bon petit déjeuner sur place, Stéphane nous rassemble pour le rond. Il se montre d’ailleurs plutôt confiant quant à la journée qui nous attend… Les consignes sont claires : chevreuils et sangliers pouvaient être prélevés, dans le respect de l’éthique et des règles de sécurité.

Nous étions six archers pour une petite vingtaine de carabines. Parmi les archers figuraient notamment Maxime et Thierry, dit Titi, deux amis que je retrouve régulièrement sur différentes chasses.

La journée pouvait commencer…

Un premier morceau rapidement abandonné

Nous avons d’abord rejoint une petite haie où plusieurs sangliers avaient été signalés les jours précédents. Mais dès notre arrivée, les indices au sol parlaient d’eux-mêmes : les traces indiquaient que les animaux avaient quitté la haie pour se diriger vers le grand bois.

Inutile de s’attarder. Nous avons rapidement terminé ce premier morceau avant de rejoindre le secteur principal de la journée : le bois des Cocars.

Trouver le bon poste

Les carabines ont été disposées autour du bois, tandis que les archers accompagnaient Stéphane vers une ligne intermédiaire, à l’intérieur de l’enceinte. Logan et Simon avaient hérité de postes avec une butte devant eux, permettant de tirer dans une direction bien définie.

Pour nous, archers, le fonctionnement était différent. Stéphane nous indiquait les secteurs à couvrir, mais nous laissait choisir précisément notre emplacement.

Thierry trouva rapidement son poste. De mon côté, j’ai poursuivi ma progression sur près de 200 mètres avant de repérer une première coulée intéressante. Je me suis alors enfoncé dans le bois pour analyser plus attentivement le secteur.

À ma gauche, un important massif de ronces mêlé à de jeunes régénérations. Devant moi, un grand talus avec une zone de remise. Sur ma droite, un couvert plus épais.

Chasseur en tenue camouflage avec son arc à poulies dans un bois à Dour.

Plusieurs coulées semblaient régulièrement fréquentées. Je me suis alors posé une question toute simple : si j’étais un sanglier ou un chevreuil cherchant à quitter cette enceinte, par où passerais-je pour rester à couvert tout en progressant rapidement ?

La réponse me semblait assez évidente… J’avais trouvé mon poste !

Équipement de saddle hunting Lean Ascent installé contre un arbre en forêt.

Un arbre bien placé me permettait de m’installer en saddle avec ma Lean Ascent de Liberté Outdoors et de surveiller les passages les plus prometteurs.

L’installation s’est faite rapidement et, une fois en place, je me suis immédiatement senti à l’aise. J’avais une bonne visibilité sur les différentes coulées et surtout une grande liberté de mouvement autour de l’arbre.

Un détail qui allait finalement avoir toute son importance quelques minutes plus tard…. Il ne restait plus qu’à attendre…

Les premiers chevreuils

La battue venait à peine de commencer lorsque j’ai entendu les premiers bruits de pas. Sur ma gauche, une grosse chevrette est apparue dans le couvert. Elle s’est progressivement rapprochée jusqu’à une dizaine de mètres.

Une occasion de tir parfaitement envisageable, mais j’étais invité chez Stéphane et je ne voulais délibérément pas prélever une belle chevrette. J’ai donc décidé de la laisser poursuivre tranquillement son chemin et l’ai annoncée aux autres postés.

Pendant ce temps, les chiens continuaient leur travail et plusieurs chevreuils étaient mis sur pied.

Puis une première bonne nouvelle est arrivée : Titi venait de prélever un chevreuil à l’arc ! Quelques minutes plus tard, nouvelle annonce : Titi venait de faire un doublé !

Deux chevreuils à l’arc dans la même battue. Incroyable ! La journée était déjà plus que réussie pour lui.

Un chevreuil et une flèche qui passe à quelques centimètres

De mon côté, une menée se rapprochait. J’ai rapidement aperçu un chevrillard descendre dans le bois, se dirigeant vers mon voisin de droite. Je m’attendais presque à entendre sa décoche.

Mais soudain, l’animal a changé de direction et s’est engagé vers mon poste. Il avançait au petit trot, à une trentaine de mètres. J’ai réussi à l’arrêter à la voix.

Mon pin de 30 mètres s’est posé sur sa cage thoracique. La visée était stable, le tir me semblait parfaitement ajusté. J’ai progressivement augmenté la pression sur mon décocheur.

La flèche est partie, et là, incroyable ! Au moment même du tir, le chevreuil s’est littéralement plaqué au sol dans un réflexe d’une rapidité impressionnante. Ma flèche passe environ cinq centimètres au-dessus de son dos. Un string jump spectaculaire ! Mon voisin, qui avait assisté à toute la scène, était aussi impressionné que moi par la vitesse de réaction de l’animal.

Bien sûr, j’aurais préféré réussir mon tir, mais j’étais surtout soulagé de constater que le chevreuil n’avait pas été blessé.

C’est aussi cela, la chasse à l’arc : accepter qu’un tir qui semble parfaitement exécuté puisse être déjoué en une fraction de seconde.

Les sangliers arrivent !

La battue continuait lorsque Stéphane a annoncé que des sangliers venaient d’être levés. Très rapidement, le calme du bois a laissé place à un véritable vacarme.

Des branches craquaient, les chiens donnaient de la voix et les animaux progressaient dans le couvert.

Titi, à nouveau, décochait sur un sanglier, sans pouvoir immédiatement confirmer le résultat de son tir.

Pendant ce temps, le vacarme se rapprochait de mon poste. Puis je les ai aperçus.

Deux bêtes rousses arrivaient par les coulées que j’avais précisément repérées lors de mon installation, dans les ronces et les jeunes bouleaux sur ma gauche. Ils progressaient au trot soutenu. La suite s’est passée très vite…

À environ 13 ou 14 mètres, une petite fenêtre de tir s’ouvrait dans la végétation. Je choisis le premier des deux sangliers. J’arme mon Bowtech Ascend, place mon pin à mi-hauteur du corps de l’animal et prends l’avance que j’estime nécesssaire compte tenu de sa vitesse et de la distance.

La flèche part : PLOK !

Je vois immédiatement ma flèche atteindre le sanglier en plein milieu du corps. Le tir me semble bon. L’animal parcourt encore cinq ou six mètres avant de s’arrêter contre une souche, où il tente de repousser Hunter, le chien de Stéphane.

Sous-bois dense avec de jeunes arbres, des ronces et plusieurs passages naturels pour le gibier.

Pour éviter que la situation ne dégénère, j’encoche immédiatement une seconde flèche. Dès qu’Hunter s’est suffisamment écarté pour permettre un tir en sécurité, je décoche une flèche d’achèvement dont l’atteinte est parfaite.

Quelques secondes plus tard, le sanglier est définitivement couché.

« Sanglier mort ! »

J’ai aussitôt pris ma radio pour annoncer la nouvelle : « Sanglier fléché, sanglier mort ! »

Les félicitations sont rapidement arrivées sur les ondes, notamment celles de Logan et Simon.

Quel bonheur ! Je ne résiste pas à envoyer un petit message à Logan : « Tu vois, tu ne me portes pas malheur ! »

Il faut dire que, jusque-là, je n’avais encore jamais réussi à prélever un animal à l’arc lorsque Logan était présent à la chasse. Nous venions enfin de conjurer le mauvais sort !

Chasseur en tenue camouflage levant le pouce, avec son sanglier visible dans le sous-bois derrière lui.

Mais la journée allait encore nous réserver une belle surprise…

Quelques minutes après mon tir, les sangliers ont poursuivi leur fuite vers la ligne des carabines.

Un coup de feu retentit, puis, la voix de Logan à la radio : « Sanglier mort ! »

Génial ! Nous venions de réaliser un doublé de sangliers, Logan et moi, au cours de la même battue.

Difficile de rêver d’un plus beau moment à partager entre amis.

Une journée exceptionnelle pour Titi !

Et les bonnes nouvelles ne s’arrêtaient pas là ! Nous avons finalement appris que le sanglier sur lequel Titi avait décoché était bel et bien touché.

L’animal s’était arrêté environ 200 mètres plus bas et s’était mis aux fermes face aux chiens. Titi était alors descendu de son affût pour rejoindre les lieux et abréger les souffrances du sanglier.

Et voilà notre Titi qui terminait cette battue avec deux chevreuils et un sanglier prélevés à l’arc !

Trois animaux au cours d’une seule battue… Une journée absolument extraordinaire pour cet archer expérimenté !

Autant dire que les archers avaient de quoi être heureux ce lundi à Dour ! Au tableau final, les archers et les carabines ont d’ailleurs fait jeu égal : quatre animaux prélevés de chaque côté !

Une battue riche en émotions

Le reste de la battue nous a encore réservé quelques rencontres. D’autres sangliers ont été levés, et un beau verrat m’est notamment passé à environ 45 mètres, lancé à pleine vitesse. Je n’ai même pas cherché à armer mon arc. À cette distance, avec un animal aussi rapide, les conditions ne permettaient tout simplement pas un tir raisonnable.

Je l’ai annoncé vers Thierry, mais l’animal a poursuivi sa course sans être tiré.

Quelques chevreuils ont encore été observés, puis la battue s’est progressivement calmée…

À la fin de celle-ci, je suis descendu de mon arbre. Nous avons participé à la vérification d’un tir effectué par mon voisin sur un chevreuil, avant que je puisse enfin rejoindre mon sanglier.

J’ai pris le temps de lui rendre les honneurs, puis de réaliser quelques photos pour immortaliser ce moment. De retour au rendez-vous, Stéphane m’attendait. Il était particulièrement heureux de me voir revenir avec un sanglier prélevé à l’arc sur son territoire.

Chasseur souriant avec son Bowtech Ascend et un sanglier prélevé à l'arc dans une forêt en automne.

Et moi, j’étais tout simplement ravi de pouvoir partager cette réussite avec lui…

Mon premier prélèvement avec le Lean Ascent

Cette journée marque également une petite première pour moi : mon tout premier prélèvement à l’arc depuis la Lean Ascent ! Et je dois reconnaître que j’ai été particulièrement séduit par la liberté de mouvement que le saddle m’a offerte.

En repensant à mon tir, je pense même que les choses auraient pu être bien différentes si j’avais utilisé mon Summit Viper.

Avec mon climbing, je me serais probablement installé de l’autre côté de l’arbre, dans une position qui m’aurait semblé plus naturelle pour ce type de matériel.

Mais lorsque les sangliers sont arrivés, je me serais alors retrouvé dans une configuration nettement moins favorable. L’angle de tir aurait été beaucoup plus compliqué, notamment à cause des rambardes de mon Summit Viper, qui auraient pu gêner ma décoche, voire rendre le tir impossible.

Avec le Lean Ascent, aucune de ces contraintes. J’ai pu me positionner librement autour de l’arbre, m’orienter vers la fenêtre de tir et décocher sans être gêné par une structure rigide.

Pour ce premier prélèvement en saddle, difficile de rêver d’une meilleure configuration ! Je me suis senti parfaitement à l’aise, libre de mes mouvements et en confiance dans mon installation.

Une expérience qui confirme tout l’intérêt que je porte aujourd’hui à cette façon de chasser en hauteur.

Une soirée qui restera dans les annales !

Nous avons ensuite rejoint la taverne Marie Boulette pour le tableau de chasse, les honneurs au gibier et le traditionnel moment de convivialité. Et quelle soirée !

Tableau de chasse en extérieur comprenant des sangliers et des chevreuils disposés sur l'herbe.

Avec Simon, Logan, François et Stéphane, l’ambiance est rapidement montée d’un cran. Au point que nous avons fini par nous emparer du micro pour une séance de karaoké mémorable !

Les chansons se sont enchaînées, les éclats de rire aussi, et les heures ont défilé bien au-delà de ce qui aurait été raisonnable pour un lundi soir.

Mais après une journée pareille, difficile de faire autrement !

Bien plus qu’un sanglier

En repensant à cette journée, je retiens évidemment ce sanglier prélevé à l’arc en ayant parfaitement lu le terrain : le choix du poste était bon. Je retiens également le magnifique triplé de Titi, cette incroyable réaction du chevreuil qui a évité ma flèche, et ce premier prélèvement avec le Lean Ascent.

Mais ce que je retiendrai surtout, ce sont les moments partagés : le trajet entre amis, les félicitations à la radio, le doublé avec Logan, le bonheur de Stéphane et cette soirée complètement improbable autour d’un micro.

C’est aussi pour toutes ces raisons que j’aime tant la chasse…

Parce qu’au-delà du prélèvement, il y a les rencontres, les émotions, les amitiés et ces souvenirs qui restent longtemps après que les armes aient été rangées.


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