Pourquoi j’utilise le Lansky Deluxe pour affûter mes lames

Une bonne lame ne suffit pas

Depuis que je chasse à l’arc, j’ai essayé de nombreuses lames de chasse afin de me faire une opinion dans des conditions réelles. Trilames fixes, bilames, lames mécaniques… comme beaucoup d’archers chasseurs, j’ai longtemps cherché le meilleur compromis entre précision, pénétration et efficacité sur le gibier.

Au fil du temps et après plusieurs essais, j’ai finalement développé une véritable préférence, en lame fixe, pour les Magnus Stinger 125 grains équipées de leurs bleeders. Pour mon utilisation et les gibiers européens que je rencontre, elles réunissent beaucoup de qualités que je recherche : robustesse, excellente pénétration et coupes franches.

Mais ce choix m’a également rapidement confronté à un autre sujet : l’affûtage.

En effet, avec mes anciennes G5 Striker V2, je remplaçais simplement les lames après utilisation. Avec les Magnus Stinger, réaffûtables à volonté, il devenait logique d’apprendre à entretenir moi-même leur tranchant.

Et c’est là que les choses se compliquent.

Mon problème avec les méthodes traditionnelles

Avant d’investir dans un système guidé, j’ai essayé différentes solutions. Pierres diamantées, pierres classiques de différents grains, affûtage à main levée… Les résultats étaient parfois bons, parfois beaucoup moins. Le problème n’était pas tant de rendre une lame coupante que d’obtenir un résultat réellement reproductible.

Maintenir toujours le même angle, travailler uniformément sur toute la longueur du fil et retrouver systématiquement un tranchant rasoir demandait une maîtrise que je ne possédais pas.

Je cherchais donc une solution :

  • simple à utiliser ;
  • reproductible ;
  • suffisamment polyvalente pour affûter aussi bien mes lames de chasse que mes couteaux ;
  • capable de produire un véritable tranchant rasoir ;
  • sans nécessiter un investissement démesuré.

Après de nombreuses recherches, le système d’aiguisage Lansky Deluxe Sharpening System revenait régulièrement dans les recommandations et cochait toutes les cases ci-dessus.

J’ai donc décidé de tenter l’expérience.

Le kit que j’utilise

J’ai choisi le kit Lansky Deluxe Sharpening System, auquel j’ai immédiatement ajouté deux accessoires :

  • le support universel Lansky ;
  • le cuir d’affilage Lansky.
Kit Lansky Deluxe avec support universel et cuir d'affilage

Je n’avais pas la possibilité d’utiliser facilement un étau de table à l’endroit où j’affûte habituellement mon matériel. Le support m’a donc semblé être une solution intéressante.

Après de nombreuses utilisations, je ne le considère pas comme indispensable, mais il apporte un réel gain en confort et en sécurité. Il est beaucoup plus agréable de travailler avec les deux mains libres que de devoir maintenir la pince dans une main pendant l’affûtage.

L’autre ajout important est le strop en cuir. J’y reviendrai plus loin, mais il joue un rôle essentiel dans l’obtention du tranchant final.

Système d'affûtage Lansky Deluxe avec support, pierres et strop

Trouver le bon réglage

L’une des premières choses que j’ai apprises à mes dépens avec le Lansky est qu’il ne suffit pas de serrer une lame dans la pince pour obtenir immédiatement un résultat parfait.

Pour les Magnus Stinger, il m’a fallu plusieurs essais afin de trouver le bon positionnement de la lame dans la pince ainsi que le bon angle à utiliser. Pour ce faire, j’ai utilisé une méthode très simple : le marqueur.

Marqueur appliqué sur le fil d'une Magnus Stinger avant contrôle de l'angle d'affûtage

J’appliquais du marqueur sur tout le biseau de la lame puis j’effectuais quelques passages avec la pierre. En observant où le marqueur disparaissait, je pouvais voir immédiatement si je travaillais exactement sur le fil ou si mon angle était incorrect.

Disparition uniforme du marqueur sur une Magnus Stinger après affûtage

Après plusieurs ajustements, j’ai finalement trouvé le réglage qui me permet de reprendre quasiment parfaitement l’angle d’origine de mes Magnus Stinger.

Aujourd’hui, j’utilise systématiquement :

  • un angle de 25° ;
  • le positionnement présenté sur les photos de cet article.
Positionnement d'une lame Magnus Stinger 125 grains dans le système Lansky Deluxe avec réglage à 25 degrés

Depuis que j’ai trouvé ce réglage, les résultats sont extrêmement réguliers.

Mon protocole d’affûtage des Magnus Stinger

Lorsque je reçois une nouvelle Magnus Stinger, je démonte systématiquement la lame de la ferrule. Cela peut surprendre certains lecteurs, mais oui : j’affûte même mes lames neuves.

Non pas parce que le tranchant d’origine est mauvais, mais parce que je sais que je peux obtenir encore mieux avec quelques minutes de travail.

Mon protocole est volontairement simple :

  • 10 passages par face avec la pierre Medium ;
  • 15 passages par face avec la Fine ;
  • 20 passages par face avec l’Ultra Fine ;
  • 20 passages par face sur le strop en cuir.
Affûtage d'une lame Magnus Stinger avec la pierre medium du système Lansky Deluxe

Entre chaque changement de face, je nettoie la pierre avec l’huile fournie afin de conserver une abrasion aussi constante que possible.

En prenant mon temps et en réalisant l’ensemble du processus correctement, il faut compter environ 15 à 20 minutes par lame, démontage et remontage compris.

Le rôle du strop

S’il y a un accessoire que je ne regrette absolument pas d’avoir ajouté, c’est bien le cuir d’affilage.

Les pierres permettent déjà d’obtenir un excellent résultat, mais le strop apporte selon moi la finition qui fait réellement la différence. Son rôle est d’éliminer les dernières micro-bavures laissées par l’affûtage et d’affiner encore le fil.

C’est généralement à cette étape que la lame passe du stade « très coupante » au stade « rasoir ».

Test de rasage réalisé avec une Magnus Stinger fraîchement affûtée

Pourquoi je cherche un tranchant rasoir

Certains considèrent qu’une lame simplement coupante est suffisante. Personnellement, j’aime mettre toutes les chances de mon côté afin d’être le plus efficace sur le terrain.

Les vaisseaux sanguins et les artères possèdent une certaine élasticité naturelle et ont une fâcheuse tendance à « rouler ». Une lame parfaitement affûtée aura davantage tendance à les sectionner proprement qu’à les repousser ou les déchirer.

Dans ma logique de chasseur, cela peut contribuer à :

  • augmenter la qualité des coupes ;
  • favoriser une meilleure hémorragie ;
  • laisser davantage d’indices lors du suivi ;
  • faciliter une éventuelle recherche au sang.

L’objectif reste toujours le même : retrouver le gibier le plus rapidement possible et dans les meilleures conditions.

Une polyvalence que je n’attendais pas forcément

À l’origine, j’ai acheté le Lansky principalement pour mes Magnus Stinger. Aujourd’hui, je l’utilise également sur tous mes couteaux de chasse et mes couteaux de cuisine.

Même un couteau fortement émoussé après avoir vidé un animal ou après avoir dû sectionner un os, retrouve rapidement un excellent tranchant. Selon l’état du couteau, quelques minutes suffisent généralement. Dans les cas les plus difficiles, il faut simplement commencer avec les pierres les plus agressives.

Les limites du système

Le Lansky n’est évidemment pas parfait. Le principal reproche que je pourrais lui faire concerne les possibilités de réglage. Des systèmes plus haut de gamme comme le KME offrent davantage de possibilités d’ajustement et une plus grande flexibilité, mais ils ne jouent pas non plus dans la même catégorie tarifaire.

Pour le prix demandé, je trouve que le Lansky offre un excellent compromis entre simplicité, efficacité et polyvalence.

Mon avis honnête

Le Lansky Deluxe ne m’a pas transformé en spécialiste de l’affûtage.

En revanche, il m’a permis d’obtenir exactement ce que je recherchais depuis longtemps : une méthode simple, fiable et reproductible pour obtenir un tranchant rasoir de mes lames de chasse et mes couteaux.

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Si vous utilisez des lames réaffûtables comme les Magnus Stinger et que vous souhaitez les exploiter pleinement sans investir dans un système beaucoup plus coûteux, le Lansky Deluxe mérite clairement votre attention.

Pour ma part, il fait désormais partie intégrante de la préparation de mon matériel de chasse, au même titre que le contrôle de mes flèches, la vérification de mon arc et l’entraînement très régulier au tir aussi bien avec des lames de chasse que des pointes de cible tout au long de l’année.


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