Au cours de mes nombreuses années de pratique de la chasse, les vêtements n’ont jamais été une grande source de préoccupation.
Un sous-vêtement technique, une chemise, une polaire et une veste adaptée à la saison. Ce système fonctionnait relativement bien pour mon activité principale de l’époque : la battue.
Avec le temps, j’ai commencé à en percevoir les limites… En rejoignant mon poste, j’avais souvent trop chaud. Je transpirais durant la marche, particulièrement sur les terrains vallonnés. Une fois installé, l’humidité accumulée finissait par produire l’effet inverse : je refroidissais rapidement et le confort n’était plus au rendez-vous.
Lorsque je me suis mis sérieusement à la chasse à l’arc, à l’affût et à l’approche, ce constat est devenu encore plus évident. Transport du treestand, longues marches d’approche, dénivelés importants, immobilité prolongée… Les besoins étaient totalement différents de ceux rencontrés auparavant.
Je me suis alors mis à chercher ce que je croyais être la solution… Une veste parfaite en quelque sorte.
En réalité, j’allais découvrir que je cherchais au mauvais endroit.
La découverte du système multicouches
Comme beaucoup de chasseurs à l’arc, j’ai passé de nombreuses heures à consulter des forums américains, regarder des vidéos YouTube et m’intéresser à l’équipement utilisé outre-Atlantique. C’est au fil de ces recherches que j’ai découvert le principe du système multicouches.
Le concept est finalement assez simple : plutôt que de rechercher un vêtement capable de tout faire, on construit un système composé de plusieurs couches ayant chacune une fonction bien précise :
- une couche de base pour gérer l’humidité et évacuer la transpiration ;
- une couche intermédiaire active pour apporter du confort thermique ;
- une couche extérieure pour se protéger du vent ou de la pluie…
Chaque élément remplit un rôle spécifique.
L’intérêt d’un tel système est sa capacité d’adaptation. On ajoute ou retire des couches en fonction des conditions rencontrées. Température, pluie, vent, durée de l’affût, intensité de l’effort ou topographie du terrain influencent directement la combinaison utilisée.

Lors d’une longue marche avec un treestand sur le dos ou pendant une approche sportive en terrain vallonné, il est souvent préférable de partir légèrement vêtu afin d’éviter une transpiration excessive. Une fois installé au poste, il suffit d’ajouter une couche supplémentaire pour conserver sa chaleur.
Cette modularité permet non seulement d’améliorer le confort, mais également de mieux gérer l’humidité produite par l’effort, souvent responsable de la sensation de froid une fois immobile.
Je me suis alors posé une question simple : avais-je réellement besoin de repartir de zéro ? La réponse fut rapidement non.
Construire plutôt qu’acheter
Avant d’acheter le moindre vêtement, j’ai commencé par faire l’inventaire de ce que je possédais déjà.
Pour le bas du corps notamment, j’étais déjà correctement équipé :
- un pantalon léger pour l’été ;
- un pantalon technique imperméable ;
- un pantalon en cuir ;
- un pantalon grand froid que j’utilise depuis plus de dix ans ;
- plusieurs sous-pantalons en laine mérinos de différentes épaisseurs.
J’ai également conservé plusieurs couches de base déjà présentes dans mon équipement : sous-vêtements techniques, mérinos, polaires et couches intermédiaires qui remplissaient encore parfaitement leur rôle. Aucun intérêt donc de remplacer du matériel qui fonctionnait déjà correctement.
Le multicouches n’est pas une tenue complète à acheter, c’est un système à construire. Et parfois, une partie de ce système se trouve déjà dans votre garde-robe.
Pourquoi j’ai commencé par le haut du corps
Lorsque j’ai commencé à faire évoluer mon équipement, ma priorité concernait avant tout le haut du corps.
En affût comme à l’approche, c’est généralement la partie la plus visible de notre silhouette. Les mains, le visage, les épaules et les bras sont souvent les premiers éléments repérés par le gibier. Je souhaitais également bénéficier d’un camouflage plus adapté à ma pratique de la chasse à l’arc.
C’est à ce moment-là que je me suis intéressé plus sérieusement à Hart, notamment après avoir vu quelques vêtements de la marque utilisés par mon ami Julien. J’appréciais particulièrement le camouflage Pixel Forest, que je trouvais polyvalent pour les milieux que je fréquente tout au long de l’année.

Mais au-delà du camouflage, un autre critère allait rapidement devenir déterminant dans mes choix : la mobilité.
Une tenue qui doit permettre de tirer
Lorsque l’on pratique la chasse à l’arc, la mobilité devient un critère essentiel. Un vêtement peut sembler confortable en marchant mais devenir gênant au moment où il faut armer l’arc.

Lever lentement son arc, atteindre son allonge, maintenir sa position puis décocher sans contrainte demande une liberté de mouvement importante au niveau des épaules, du dos et des bras. Avec certaines vestes épaisses utilisées par le passé, je ressentais parfois une légère résistance au moment de l’armement. Ce n’était pas forcément dramatique, mais ce n’était pas idéal non plus.
Aujourd’hui, l’un des critères qui guide mes choix est précisément cette capacité à oublier complètement le vêtement lorsque vient le moment du tir.
Mon premier besoin : une veste pour l’approche/affût en période estivale
J’ai commencé à m’équiper début mars 2026, à la sortie de la période des battues. Mon premier objectif était simple : trouver une couche extérieure légère, camouflée et adaptée aux chasses de fin de printemps et d’été, aussi bien à l’approche qu’à l’affût. Je voulais également une protection contre les insectes.
Mon choix s’est porté sur :
- la veste Hart Stilkt en Pixel Forest ;
- les gants Hart Stilkt ;
- la cagoule Hart Ural.
La veste Stilkt est devenue ma couche extérieure légère pour les périodes chaudes. Elle n’a pas vocation à tenir chaud ou à affronter une grosse pluie, mais elle répond très bien à ce que je cherchais : camouflage, légèreté, confort et protection contre les insectes. Pour les sorties d’été ou les affûts par temps doux, elle trouve parfaitement sa place.
Le vrai cœur du système : la couche intermédiaire active
Très rapidement, j’ai compris qu’il me manquait une couche intermédiaire active, le squelette du système en quelque sorte. Mon choix s’est porté sur la Hart Ibice Hoodie.
C’est clairement la couche que je porte le plus aujourd’hui et qui est la pièce la plus importante de mon système actuel. Elle peut se porter seule lorsque les conditions sont favorables, ou servir de base autour de laquelle viennent s’ajouter les autres couches selon la météo et les efforts.

Si je devais aujourd’hui recommencer de zéro, c’est probablement cette couche que je rachèterais en premier.
Gérer le vent
Une fois la Stilkt et l’Ibice intégrées à mon équipement, il me manquait encore une couche extérieure plus protectrice. Dans un premier temps, j’ai choisi une veste technique avec membrane coupe-vent plutôt qu’une vraie veste de pluie. À ce moment-là, je pensais encore que mes affûts sous pluie continue resteraient rares.
Mon choix s’est porté sur la veste Hart Chamois.

Elle vient compléter l’Ibice lorsque le vent se lève ou lorsque la température baisse. Elle joue le rôle de couche extérieure polyvalente, tout en restant plus légère et plus mobile qu’une grosse veste traditionnelle.
Gérer la pluie
Évidemment, la théorie selon laquelle je chasserais rarement sous la pluie n’a pas tenu très longtemps. À l’affût comme à l’approche, il faut souvent composer avec une météo incertaine, surtout en Belgique.
Je cherchais une couche imperméable, légère, silencieuse, facilement portable au-dessus des autres couches et réellement adaptée à la chasse. J’avais identifié mes besoins et le cahier des charges était rempli par la veste Hart Isard.

Avec son niveau d’imperméabilité élevé et sa coupe compatible avec le multicouches, elle est venue compléter le système. Je ne la porte pas systématiquement, mais elle devient indispensable dès que la pluie s’invite sérieusement dans l’équation.
Un dernier plaisir pour être full camo
Plus récemment, j’ai également ajouté le pantalon Hart Ibice à mon équipement. C’est probablement la pièce la plus polyvalente pour le bas du corps dans mon utilisation actuelle. Il est confortable, déperlant sans être réellement étanche, silencieux et couvre facilement une grande partie de mes sorties.
Je dirais qu’il répond à environ 80 % de mes besoins pour les affûts et approches dans des conditions normales. Pour les fortes pluies, le grand froid ou les conditions plus spécifiques, je conserve évidemment mes autres pantalons adaptés.
Mon système aujourd’hui
En pratique, voici les configurations que j’utilise le plus souvent au fil des saisons. Bien entendu, ces choix restent à adapter en fonction de la météo, du vent, de la pluie, du niveau d’activité prévu et de la topographie du terrain.
☀️ Été
Grand beau temps, soleil et températures élevées. Dans ces conditions, deux couches suffisent largement :
- Sous-couche technique légère
- Hart Stilkt
La Stilkt devient alors ma couche extérieure principale. Légère, respirante et discrète, elle répond parfaitement aux besoins des affûts et approches estivales.
🌿 Mi-saison
Conditions douces, temps sec et peu venteux.
- Sous-couche technique légère
- Hart Ibice Hoodie
C’est probablement la configuration que j’utilise le plus souvent. L’Ibice offre un excellent compromis entre confort thermique, respirabilité et liberté de mouvement. Sa légère déperlance lui permet également de gérer sans difficulté une petite averse passagère.
Toutefois en cas de grand vent ou grosse pluie, il faudra bien évidemment passer par l’ajout de couches protectrices extérieures.
🍂 Automne
La majorité de nos conditions de chasse en Belgique et dans les Ardennes.
- Sous-couche technique intermédiaire
- Hart Ibice Hoodie
- Hart Chamois ou Hart Isard selon les conditions
La Chamois lorsque le vent devient l’élément dominant. L’Isard lorsque la pluie s’invite à la partie.
C’est probablement la configuration la plus polyvalente de mon système.
❄️ Hiver
Lorsque les températures chutent réellement.
- Sous-couche Thermolactyl ou laine mérinos épaisse
- Hart Ibice Hoodie
- Hart Chamois ou Hart Isard
- Éventuellement une polaire supplémentaire selon les conditions
Pour les températures extrêmes, je manque encore de recul. Mon système continuera probablement d’évoluer au fil des saisons et des besoins rencontrés sur le terrain.
En conclusion
Avec le recul, je pense que l’erreur la plus fréquente consiste à vouloir acheter immédiatement la veste parfaite.
Personnellement, j’ai découvert qu’il était bien plus efficace de construire progressivement un système cohérent, en conservant ce qui fonctionne déjà et en ajoutant uniquement les pièces réellement nécessaires.
Mon système continuera probablement d’évoluer dans les années à venir. Mais une chose est certaine : je ne réfléchis plus aujourd’hui en termes de veste, mais bien en termes de couches et de fonctions.
Et c’est probablement le plus grand enseignement que m’a apporté la découverte du multicouches.
Concernant les vêtements eux-mêmes, les différentes pièces Hart que j’utilise aujourd’hui répondent parfaitement à mes attentes et couvrent efficacement mes besoins actuels. Mais au final, la marque importe moins que le système. Que l’on choisisse Hart, Sitka, Kuiu ou une autre marque, l’essentiel reste de comprendre le rôle de chaque couche et de construire un ensemble cohérent adapté à sa pratique, à son terrain et à son budget.
C’est selon moi la véritable force du multicouches.