Le 29 novembre 2025 restera à jamais gravé dans ma mémoire de chasseur à l’arc. En effet, après des mois d’apprentissage, de doutes, d’erreurs et de remises en question, cette journée allait enfin concrétiser tout ce que j’avais entrepris depuis mes débuts à l’arc.
Et pour rendre ce moment encore plus spécial, il allait se dérouler sur un territoire qui occupe une place particulière dans mon histoire de chasseur.
Retour à Lompret
Ce matin-là, je prends la direction de Lompret, près de Chimay. J’ai la chance d’être invité par mon très bon ami Stefano, qui a réussi à m’obtenir une invitation en tant qu’archer sur cette battue mixte réunissant chasseurs à la carabine et chasseurs à l’arc.
Revenir sur ce territoire provoque toujours quelque chose de particulier chez moi. Je le fréquente depuis mon enfance. J’y ai accumulé d’innombrables souvenirs, vécu mes premières émotions de chasseur et rencontré de nombreuses personnes qui comptent encore aujourd’hui parmi mes amis. Retrouver ces lieux est déjà un plaisir en soi.
Chose à signaler, les responsables du territoire de chasse ont compris l’intérêt de positionner des archers au cœur des enceintes. Outre une éventuelle opportunité de tir, les archers jouent également un rôle important dans le déroulement de la battue : observation du comportement du gibier, signalement d’animaux blessés, informations transmises aux traqueurs ou encore sécurité des chiens.
Je retrouve également plusieurs amis archers : Seb, Adelin et Thomas, qui connaissent parfaitement le territoire et qui seront mes guides pour cette journée.
Le poste à 100 000
Pour la première battue de la journée, nous débutons par une double enceinte. Après avoir attendu que l’ensemble des postés soient installés, nous rejoignons rapidement nos emplacements.
Seb m’attribue le poste à 100 000. Un poste qu’il affectionne particulièrement puisqu’il y a déjà prélevé plusieurs animaux à l’arc au fil des saisons. Ce fameux poste est situé à l’angle d’un bois, à proximité de plusieurs coulées bien marquées. Devant moi se trouve une remise particulièrement fréquentée par les sangliers. Seb me détaille les habitudes des animaux et les trajectoires les plus probables.

Peu après le début de battue, les premiers coups de feu retentissent dans la forêt. Les sangliers sont bien présents. De mon côté, la matinée débute calmement.
Plus tard dans la battue, un chevillard apparaît soudainement à une quinzaine de mètres sur ma gauche. J’arme instinctivement mon arc et le suis dans sa course. Je tente de l’arrêter en sifflant, malheureusement sans succès. Il continue sa course à vive allure.
Je désarme, aucun regret : ne pas décocher est aussi un acte de chasse.
FLOK
Une quinzaine de minutes plus tard, j’entends des craquements dans la remise située devant moi. Un animal approche… J’aperçois au loin un sanglier d’une quarantaine de kilos qui se dirige droit vers moi.
Mon cœur accélère immédiatement…
Lorsqu’il passe derrière un rideau de végétation, j’arme mon arc. Quelques secondes plus tard, il apparaît exactement sur la coulée que j’espérais : le moment semble presque irréel.
Je positionne mon pin sur son épaule et décoche.
FLOK !!! Le bruit caractéristique de l’impact ne laisse aucun doute.
Le sanglier poursuit sa course et passe à moins de dix mètres de moi. Je distingue parfaitement le sang qui s’écoule du point d’entrée de la flèche.
Sans quitter l’animal des yeux, je saisis immédiatement ma radio.
— « Adelin, c’est pour toi, je viens de blesser un sanglier… »
À peine ai-je terminé ma phrase que le sanglier ralentit, vacille puis s’effondre. Je reprends aussitôt la radio.
— « Ah non… il vient de tomber. Il y est ! »
Je reste quelques instants immobile, comme suspendu hors du temps… Ma flèche est visible à quelques mètres à peine, entièrement recouverte de sang .

Cette fois, il n’y a plus de doute : je viens de prélever mon premier animal à l’arc ! Les mois de travail, d’entraînement et de persévérance viennent d’être récompensés.
Quelques minutes plus tard, Adelin apparaît avec un grand sourire.
— Alors ?
Je lui réponds simplement :
— Il y est.
Sa réaction résume parfaitement l’état d’esprit de cette journée.
— Félicitations mec !
Nous rejoignons ensemble le sanglier. Peu après, Seb et Thomas arrivent à leur tour. Leur joie semble presque aussi grande que la mienne. Et c’est probablement cela qui me marque le plus.

Une joie partagée
Nous débardons rapidement le sanglier avant de rejoindre les véhicules. Je réalise alors que Stefano ne m’a toujours pas appelé malgré les quelques messages échangés dans notre groupe de potes.
Je décide de le joindre.
— Allo Stef ?
— Je suis déjà au rendez-vous, je t’attends.
— J’arrive dans cinq minutes, mais viens me rejoindre, j’ai besoin d’un coup de main.
— Pourquoi faire ?
— Pour sortir mon premier sanglier prélevé à l’arc qui est dans le coffre de la voiture !
Lorsque j’arrive au rendez-vous, Stefano me rejoint immédiatement. Son immense sourire en dit long. L’accolade qui suit restera longtemps gravée dans ma mémoire. Partager de tels moments avec ses amis est probablement l’une des plus belles choses que la chasse puisse offrir.

La pause de midi se prolonge bien au-delà du raisonnable. Je raconterai au moins quinze fois la même histoire, non sans joie…
Nous nous mettons de même en route pour la battue de l’après-midi. Dès le début de celle-ci, un brocard boisé m’arrive droit dessus. J’arme… 25 mètres, 20 mètres… Mais l’animal reste constamment de face. Il crochète ensuite brusquement et disparait à pleine allure dans le versant. Je désarme et le regarde disparaître.
Plus tard, un gros sanglier longe le versant à bonne distance avant d’être tiré par un ami. Enfin, un autre sanglier d’environ soixante kilos apparaît derrière moi sans jamais m’offrir une opportunité de tir sécurisée.
Mais honnêtement, à ce moment-là, peu m’importe : cette journée est déjà parfaite.
Le début de quelque chose
Une fois la chasse terminée, nous partageons le traditionnel débriefing au cul des voitures avant de rejoindre le chalet pour partager de magnifiques moments : les honneurs au gibier, l’apéritif, le repas, les discussions qui s’éternisent, les rires, les souvenirs racontés une fois de plus et … Stefano, fier comme un paon de voir son invité prélever son premier sanglier à l’arc

En reprenant la route ce soir-là, je réalise que ce prélèvement représente bien plus qu’un simple animal. Il symbolise des mois d’apprentissage, d’erreurs, de doutes, d’entrainements et de remises en question.
Et surtout, il marque le début d’une nouvelle étape dans mon parcours. Car je ne le savais pas encore, mais cette journée n’était que le commencement…
Fab, ton récit est canon, il reflette parfaitement les émotions et le ressenti que seul un chasseur à l’arc peut décrire… car tant qu’on ne l’a pas vécu, on ne peut pas comprendre!
Je suis ravi d’avoir contribué à te fournir un matériel de confiance, mais restons honnête, le plus important dans un setup qui fonctionne, c’est le bonhomme qui tient l’arc 😉
Encore toutes mes félicitations et bienvenue chez les chasseurs à l’arc 💪🏻
En toute amitié,
Laurent Duvivier
J’aimeJ’aime
Enorme merci à toi Laurent. A bientôt.
J’aimeJ’aime