Le 16 mars 2025 marque le début de mon aventure de chasseur à l’arc. Je me souviens encore parfaitement de cette sensation. J’étais comme un enfant dans un magasin de jouets.
Ce soir-là, installé sur mon territoire avec mes amis, je découvre une nouvelle manière de vivre la chasse. Tout paraît plus intense. Les distances, bien que réduites, semblent plus longues. Les mouvements comptent davantage. Le moindre bruit devient important.
Au bout d’une heure, un magnifique brocard apparait. Le tir était fermé, mais cela n’avait aucune importance. Cette simple observation à très courte distance suffisait déjà à rendre ce moment très spécial.
À cet instant précis, j’ai compris que la chasse à l’arc était différente…
Depuis longtemps, cette pratique m’attirait profondément. Pas uniquement pour le tir ou le défi technique, mais pour ce qu’elle représentait dans mon esprit : une chasse plus instinctive, plus proche de la nature, presque ancestrale. Une manière de revenir à quelque chose de plus brut, plus authentique.
Je ne le savais pas encore, mais cette première soirée allait marquer le début d’une longue série de doutes, d’apprentissages et de remises en question… Car la réalité de mes débuts à la chasse à l’arc fut bien différente de ce que j’avais imaginé.
Les premières frustrations
Les semaines suivantes, les sorties s’enchaînent. Affûts au sol dans un premier temps puis progressivement les premières heures passées en treestand.

Je passe énormément de temps dehors. A observer… A apprendre… A essayer de comprendre cette nouvelle chasse qui me fascine de plus en plus. Mais les occasions de tir, elles, restent inexistantes.
Un soir, un renard se présente enfin à distance d’arc. Mon cœur s’emballe immédiatement. Je veux tellement bien faire que je prends trop de temps pour aligner parfaitement mon tir…
Trop tard : le renard me repère et disparaît.
Durant tout le mois de mai, je me focalise presque obsessionnellement sur un brocard présent sur le territoire. Je multiplie les sorties, les stratégies, les heures passées en forêt… sans réussite.
Puis viennent les sangliers.
Je me souviens notamment d’une soirée où plusieurs animaux m’entouraient dans la végétation. J’entendais leurs déplacements dans les feuilles mortes. Je distinguais leurs silhouettes sans jamais réussir à identifier correctement un animal pour décocher en sécurité.
À ce moment-là, je comprends déjà une chose essentielle : la chasse à l’arc demande énormément plus que de savoir tirer. Elle exige :
- de la patience
- du calme
- du contrôle émotionnel
- et surtout, une capacité à accepter de ne pas décocher.. Car ne pas décocher est aussi un acte de chasse.
Malgré les frustrations, mes amis m’ont toujours soutenu et me répétaient la même chose : « ça va arriver ».
Et au fond de moi, malgré les doutes, je continuais d’y croire…

Le 26 mai 2025
Puis arrive enfin une véritable occasion.
Le 26 mai 2025, en toute fin de soirée, un gros sanglier se présente à portée d’arc. Tout va très vite, la lumière baisse rapidement et l’heure limite approche. Après des semaines sans pouvoir décocher, l’adrénaline monte immédiatement. Mon cœur s’emballe. Comme à chaque occasion, je tente de me recentrer mentalement sur mon processus : armement, ancrage, décoche.

Puis la flèche part. J’entends ce bruit si particulier à l’impact. Ce “floc” que tous les archers espèrent entendre.
Pendant quelques secondes, je suis incapable de réellement comprendre ce qu’il vient de se passer. L’émotion est immense. J’appelle mon ami Kévin, posté à quelques centaines de mètre. Il court me rejoindre immédiatement. Nous retrouvons quelques gouttes de sang, mais impossible de remettre la main sur ma flèche.

Très vite, le doute commence à s’installer.
Nous faisons appel à l’ABUCS et rendez-vous est pris pour entreprendre une recherche au sang dès le lendemain. Mon meilleur ami Logan est également présent.
Au départ, j’y crois encore. Mais au fil de la recherche, en observant la direction prise par le sanglier et la topographie du terrain, je commence progressivement à comprendre que l’issue risque de ne pas être celle espérée. Après une trentaine de minutes, l’espoir laisse place à une immense déception.
La flèche était passée trop haute. Un manque d’expérience du tir depuis le treestand avait provoqué une blessure non mortelle et le sanglier ne sera jamais retrouvé.
Les jours suivants, je repense constamment à cette scène, à cette décoche, à ce que j’aurais dû faire différemment. Malgré les doutes, les remords et la remise en question, il ne m’est jamais traversé l’esprit d’abandonner.
Au contraire.
Cette expérience me pousse à m’entraîner davantage. Seul dans mon jardin, j’enchaîne les séances de tir. Vingt à trente flèches par session, plusieurs fois par semaine. Certaines journées sont excellentes, d’autres beaucoup moins. Il manque encore la régularité. Il faut apprendre à accepter les mauvaises séances, à continuer malgré les frustrations, à construire une véritable routine.
Et progressivement, les mauvais jours deviennent de moins en moins nombreux.
Une obsession qui grandit
Je retourne chasser dès les jours suivants, mais les occasions ne viennent plus. Les semaines passent, puis les mois. Je ne décocherai plus une seule flèche sur un animal jusqu’au mois de novembre.
Entre-temps, je continue bien évidemment à chasser à la carabine. Mais quelque chose a changé…
La chasse à l’arc a commencé à prendre une place différente dans mon esprit. Sans vraiment m’en rendre compte, ce mode de chasse était en train de devenir une véritable obsession.
Je n’avais désormais qu’une seule hâte : participer à ma première chasse collective à l’arc.
